Les opérateurs de téléphonie mobile, en France et dans les autres pays occidentaux, doivent résoudre une équation économique particulièrement épineuse.
Ils sont contraints de dépenser toujours plus dans leurs réseaux, sérieusement menacés de saturation par l’explosion des connexions à Internet via des terminaux mobiles.
Mais les revenus qu’ils tirent de ces nouveaux usages n’augmentent pas en proportion.
Pis encore : les premiers à profiter de ces dépenses dans des infrastructures plus efficaces risquent d’être les nouveaux géants de l’Internet : Google, Yahoo !, Facebook, voire Apple…
Actuellement en cours de déploiement dans la plupart des pays occidentaux, elle permet de transmettre des données à la vitesse théorique de 2 mégabits par seconde (Mbps), beaucoup plus vite qu’avec la norme GSM.
Certains opérateurs commencent à la déployer sur les parties les plus engorgées de leurs réseaux.
Avec le protocole HSPA (High speed packet access), elle permet de pousser les débits jusqu’à 14 Mbps de l’antenne-relais vers le téléphone, et de 5,8 Mbps en sens inverse, afin de transporter plus facilement des contenus volumineux (photos, vidéo, etc.) vers d’autres mobiles ou des plates-formes de partage vidéo comme YouTube.
Elle n’est encore déployée qu’à titre expérimental.
Elle permettra, grâce à la technologie LTE (Long term evolution), d’atteindre des vitesses de connexion de 100 Mbps des antennes radio vers les téléphones, et de 50 Mbps en sens inverse.
Les femmes se connectent pour l’instant moins à Internet par leur mobile que les hommes.
Compte rendu La téléphonie mobile, concurrente des lignes fixes ?
« C’est difficile pour nous d’investir quand les perspectives de gain sont si floues.
Nous avons besoin d’un partage des frais raisonnable », affirme Jeff Brueggeman.
Le responsable des relations institutionnelles d’AT & T, premier opérateur américain, s’exprimait lors du colloque de l’institut d’études français Idate, où il fut beaucoup question, les 18 et 19 novembre à Montpellier, du sujet.
Tous les opérateurs le constatent : le trafic de données sur les réseaux mobiles s’envole.
« Il double d’une année sur l’autre », selon Frédéric Pujol, de l’Idate.
Chez SFR, il a été multiplié par quatre entre fin 2008 et fin 2009.
En cause : l’énorme succès des téléphones multimédia, du type iPhone d’Apple commercialisé depuis juin 2007 (plus de 30 millions écoulés dans le monde).
« Ces terminaux consomment encore assez peu de débit, mais ils mobilisent beaucoup le réseau, en envoyant en permanence des informations de signalisation », explique M. Pujol.
Les « clés 3G » qui, branchées sur un ordinateur portable, lui permettent de se connecter à Internet via le réseau mobile, y sont aussi pour beaucoup (1,7 million d’entre elles était en circulation dans l’Hexagone au 30 septembre).
« Leurs utilisateurs consomment dix fois plus de trafic qu’un client mobile lambda », dit-on chez SFR.
Au point que les réseaux commencent à saturer.
« On est en train de voir sur le mobile ce qu’on a vécu entre 2000 et 2002 sur le réseau fixe : les besoins commencent à excéder les débits disponibles », confie-t-on chez l’un des trois opérateurs mobiles français.
Aux États-Unis, AT & T, distributeur exclusif dans le pays de l’iPhone, a eu des soucis cet été, notamment pour l’accès aux services de télévision via les mobiles.
Les câblo-opérateurs américains, comme Time Warner Cable, auraient aussi du mal à suivre.
En France, certains dégraderaient ponctuellement le service pour les clients trop gourmands, afin de continuer à assurer les connexions de tous les mobiles présents, dans une même zone très fréquentée (plus il y a d’utilisateurs dans une zone couverte par une antenne-relais, plus les débits diminuent).
« C’est difficilement tenable, question d’image », avoue M. Pujol.
Mais globalement, les opérateurs ne se laissent pas déborder : ils adaptent leur réseau en permanence.
Les opérateurs redimensionnent aussi, avec de la fibre optique, la liaison entre les antennes-relais et le réseau terrestre de collecte.
Il y a enfin l’alternative des réseaux mobiles de quatrième génération (4G), avec notamment le protocole LTE (long term evolution), qui permettra des débits vingt fois supérieurs.
Ces montées en débit coûtent cher. SFR a investi 1,4 milliard d’euros en 2008 pour son réseau. Le britannique Vodafone, 10 milliards d’euros depuis 2005.
Selon la presse allemande, la facture serait si salée aux Etats-Unis que l’allemand Deutsche Telekom chercherait un partenaire pour sa filiale de téléphonie mobile T-Mobile USA.
Dans le contexte de crise économique, le risque serait d’en perdre ou de casser la croissance de l’Internet mobile.
Certains opérateurs comme Orange proposent leurs propres services en ligne (portail, collecteurs d’information, TV mobile, etc.) pour tirer davantage parti de leurs « tuyaux ».
Mais les revenus générés (publicité et abonnements) restent faibles.
Très loin du chiffre d’affaires qu’un Google (21,8 milliards de dollars en 2008) réalise, grâce aux revenus publicitaires tirés de l’énorme audience de son moteur de recherche.
Pour Didier Lombard, le PDG de France Télécom, « il faut trouver un partage équitable entre les acteurs pour que les investissements se fassent ».
Fanch
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