2010-03-17
Tiers-monde : un candidat vaccin contre le paludisme est entré, depuis presque un an, en phase 3 d’essais cliniques en Afrique
Un candidat vaccin contre le paludisme est entré, depuis presque un an, en phase 3 d’essais cliniques en Afrique.
Cette vaccination expérimentale, menée sous l’égide de l’organisation de santé internationale à but non lucratif PATH, a porté dans un premier temps sur une cohorte d’enfants âgés de 5 à 17 mois ; elle démarre actuellement sur une deuxième cohorte de nourrissons âgés de 6 mois.
Le suivi durera deux ans et portera au total sur 16 000 enfants.
Le paludisme est dû au parasite Plasmodium dont il existe deux principales espèces : Plasmodium falciparum, très présent et mortel en Afrique ; et Plasmodium vivax, majoritaire en Asie et en Amérique du Sud.
Jusqu’à présent, les données épidémiologiques montraient que P. vivax ne pouvait pas infecter les personnes dont les globules rouges ne possédaient pas à leur surface une certaine protéine, dite Duffy.
Les populations de groupe sanguin Duffy-négatif étaient considérées comme naturellement protégées contre l’infection par P. vivax.
Mauvaise nouvelle : cette assertion n’était pas – ou n’est plus – exacte.
Des chercheurs viennent de montrer que le parasite P. vivax est capable d’infecter des populations considérées jusqu’à présent comme protégées du fait de leur groupe sanguin.
Publiée le 11 mars sur le site Internet de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) par une équipe internationale impliquant des équipes malgaches, américaines et françaises (Institut Pasteur de Paris), cette découverte pourrait remettre en question certaines stratégies de vaccination.
Si cette étape cruciale est franchie avec succès, on disposera du premier vaccin commercialisable contre le paludisme, un fléau parasitaire transmis par les moustiques, qui fait chaque année près d’un million de morts dans le monde, pour la plupart des enfants d’Afrique subsaharienne.
La première difficulté à laquelle se heurte la mise au point d’un vaccin contre le parasite Plasmodium réside dans le fait que celui-ci, qui passe par plusieurs stades au cours de sa vie, prend à chaque fois une forme différente et induit donc autant de réponses immunitaires.
La seconde est plus mercantile : le marché africain n’est pas rentable pour l’industrie pharmaceutique, et la mise au point d’un vaccin coûte environ un demi-milliard de dollars (364 000 euros).
Aujourd’hui, le combat contre le paludisme se résume donc aux médicaments (chloroquine ou quinine) et à la lutte contre les moustiques.
Des moyens insuffisants et onéreux : cette affection représente 40 % des dépenses de santé publique en Afrique, soit quelque 12 milliards de dollars chaque année.
D’où les espoirs placés dans ce candidat vaccin : le RTS,S.
Son histoire commence en 1987 dans les laboratoires de GlaxoSmithKline Biologicals, filiale implantée en Belgique de l’américain GSK.
Combinant la protéine RTS,S du parasite avec l’antigène de l’hépatite B, le vaccin est testé pour la première fois en 1992, aux États-Unis et en Belgique, chez des adultes volontaires.
En 1995 commencent les premiers tests en Afrique, en Gambie et au Kenya.
Mais il faudra attendre 2001, et le partenariat avec Malaria Vaccine Initiative (MVI) pour que le projet décolle.
Créée en 1999 grâce à une subvention initiale de la Fondation Bill & Melinda Gates, MVI est un des programmes de développement de PATH.
Fanch
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