2009-09-14
Les Tang-Zhou restaurateurs chinois, de Clermont, sont – ’ils victime d’une cabale pour leur voler leur entreprise
Le ciel est tombé le 2 septembre 2009 sur la tête des Tang-Zhou.
Ces Chinois, restaurateurs à Clermont-Ferrand mais sans-papiers, sont priés de prendre le vol Paris-Pékin, ce soir.
Dans la salle du Prospéria, un restaurant chinois prisé des Clermontois, la lettre, signée du Préfet, circule de mains en mains.
Ping Zhou, visage blême, est en larmes devant les journalistes.
Son mari Yuhua Tang est passé en cuisine car « il faut ouvrir le restaurant à midi, nous n’avons plus un centime ».
Marie Guillerminet, militante à la ligue des droits de l’homme et membre du Réseau Education Sans Frontières, est en sueur.
Elle a eu « peur », « très peur » que Ping, Yuhua et leurs enfants, Chen et Clément, se fassent embarquer, manu militari, par des hommes en bleu.
Quand quelques minutes plus tôt, Ping l’a appelée, paniquée : « La police est là, la police est là ».
La voilà rassurée, rejointe par Fabienne, une camarade de la FCPE (ligue des droits de l’homme et membre du Réseau Education Sans Frontières).
Cette France ordinaire, qui s’engage pour les sans-papiers, a 22 heures, autant dire une gageure, pour remuer ciel et terre, les élus essentiellement.
Serge Keller, le directeur de la police aux frontières (PAF), n’est pas venu passer les menottes aux Tang-Zhou.
Il est simplement venu, accompagné d’un de ses fonctionnaires et d’une interprète, leur notifier l’obligation de quitter le territoire français.
Avec ou sans leurs minots de 4 et 1 ans, nés à Clermont, s’ils choisissent de signer la délégation d’autorité parentale et de les confier à une famille d’accueil.
Une proposition « éhontée » que le couple a catégoriquement refusée.
La PAF les invitaient à l’aéroport d’Aulnat, le 2 septembre 2009, à 9 heures, pour les transporter à Roissy où ils auraient décoller pour cet empire du Milieu aussi gigantesque qu’inconnu.
« On n’a personne, on ne sait même pas où aller », pleure Ping.
Une perspective cauchemardesque pour cette jeune Chinoise, qui a ses racines au nord-est de Pékin.
A la veille de la rentrée scolaire de Chen à Nestor-Perret et de Clément en crèche familiale, leur monde s’écroule.
La mobilisation de la LDH, de RESF, des parents d’élèves de la FCPE, sur le qui-vive depuis des mois, n’a pas fait fléchir le préfet qui applique la loi et ne fait pas de cadeaux.
Fanch
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